dimanche 22 novembre 2009

La grippe et le lait.



Merde. J’ai la grippe. Ça fait deux jours que je le sens venir, le virus. Mais là ce matin ça y est, il s’épanouit, il s’installe, le virus. C’est tout chaud dans ma gorge, j’ai l’hypophyse qui a du mal à supporter le poids de ma tête, et j’ai juste envie de m’échouer sur le divan et d’écouter Love Actually avec une boîte de kleenex et un gros lait au chocolat chaud… Ou un grand verre de lait.

Oui c’est ça, j’ai besoin de réconfort.

On est tous d’accord, Madame Dubé a fait plus d’un miracle au cours des deux dernières décennies avec sa joyeuse bande chez BBDO. Le duo récidive. La nouvelle signature, dévoilée depuis peu, ne pouvait mieux tomber en cette saison de changement d’heure, de nez qui coulent, de « il faut que je m’achète un foulard » et d’h(1N1)ystérie collective assumée.

Mais ne pourrait-on pas pousser un peu plus loin? La télé, les panneaux d'affichage, bref les médias de masse offrent une belle visibilité certes, mais ont le vilain défaut de diluer les messages en les faisant nager parmi les six « Ho-Ho-Hola les paiements » et autres yogourts dansants des pauses à grande écoute.

Alors puisque je suis malade, que j’ai déjà vu Love Actually, et que j’ai l’esprit aussi fertile que les cultures purulentes qui grandissent dans mon système (hé misère), je me suis adonnée à imaginer quelques remèdes qui réconfortent.

Exemples.

Ou plutôt extrapolations à partir du look-n-feel de la campagne, véritable baume ludique dans la saison triste :

-        On a déjà un volet « MétromédiaPlus ». Mis à part les lumiquais, pourquoi ne pas mettre l’équipe de tricoteuses à l’œuvre, et let’s go les aiguilles, on habille littéralement les poteaux dans les wagons de métros d’une fine laine rose tricotée serrée. Enfin un poteau sur lequel on aura envie de s’agripper sans s’enrhumer! Évidemment on pense à changer sporadiquement la laine (chaque jour? Chaque semaine?) afin d’éviter qu’elle ne devienne aussi dégoutante qu’un vieux kleenex usagé. Et puis on spinne les affiches de la mémé dans lesdits wagons pour supporter l’offensive. Drôle, ludique, dans l’air du temps, et réconfortant comme grand-maman.

-        Même chose pour les poignées de portes dans les toilettes publiques. Ouash! Besoin de réconfort, besoin de lutter contre les germes saisonniers. Et vlan! Bien enrobées du tricot symbolique, les poignées sordides et porteuses d’innombrables bactéries. Et Zoom média pour donner sa voix à la grand-maman du Québec, en imprimé ou même en vidéo quand la disponibilité du média l’offre.

-        Aussi, je vois bien une escouade de tricoteuses en cavale. Ça se pose gentiment dans des endroits publics de grand achalandage, les journées froides et près des portes de sorties, ça tricote en masse, et même ça réchauffe les mains, les oreilles ou le cou des passants en offrant le fruit de leurs aiguilles (bon OK, on aura prévu le coup en confectionnant des renforts à l’avance) à qui frissonne mieux-mieux. On le dit souvent la pub irrite. Mais si elle vous offre un beau foulard, tout d’un coup, la voilà immunisée!

-        Et ces tricots qui réconfortent, on pourrait s’en servir pour habiller notre ville. Un peu de créativité média inusitée, question de faire jaser (de météo… Ouf, on était à court de sujets). Le bonhomme en p’tit bonhomme au coin de St-Denis-Sherbrooke, il me semble qu’il doit le trouver froid l’hiver, les fesses à l’air ? Imaginez-le quelques instants accoutré d’un tricot rose épousant parfaitement les courbes de sa silhouette proéminente! Et la belle angélique de Sir Georges-Étienne Cartier sur le Mont-Royal ? Elle aurait de la gueule avec une grande écharpe qui se balance au gré des vents !

Ce qui est beau du lait, c’est que contrairement à pas mal tous les annonceurs qui nous emploient, on n’a pas besoin de pousser son produit (Natrel et Lactancia sont là pour ça), mais plutôt l’idée de celui-ci. Qu’on peut approcher la ville de Montréal avec des idées audacieuses sans se faire remballer, parce que c’est un produit noble, que son message s’adresse à tous, et que la santé, c’est notre priorité. Et c’est ce qui fait qu’on peut faire la promotion du réconfort, et non du boire.

vendredi 6 novembre 2009

L'allégorie de la montagne.

J’habite au pied du Mont-Royal. Les dimanches d’été, j’entends même en sourdine la rumeur des tam-tams qui rythment mes gorgées de café au lait prises sur la terrasse. Alors quand j’enfile mes runnings, le choix de l’itinéraire est clair. Je file la rue Rachel, je traverse le parc Jeanne-Mance et cap sur la croix, via le chemin Olmsted.

Alors voilà. Je suis là, je suis prête, je suis déterminée, j’ai passé les petites étapes préliminaires nécessaires et je fonce. Je toise le boss de la montagne, Sir Cartier cette fois, qui me regarde de loin, de haut, et qui attend peut-être que je le surprenne un peu plus. Je l’espère. Vas-y gazelle, montre-lui de quoi t’es capable.

C’est un parcours sinueux. On commence par la place publique, celle par où tout le monde passe et où des masses de profils s’agglutinent pour former un tout monotone et anonyme. On prend à droite devant les deux lions, comme pour leur montrer qu’on ne se laissera pas mordre les pattes.

Première ascension. J’ai les poumons gorgés de défi. J’y arriverai je le sais.

Je cours, je buche, je mets un pied devant l’autre sans relâche. Je lance une première offensive qui fait palpiter mes tempes. Le moral est bon, jusqu’ici tout va bien.

Je sens tout de même l’effort, et ça me rappelle radicalement que l’épuisement est toujours imminent quand on fait face à une telle montagne devant soi. Mais il ne faut surtout pas penser à tout le chemin qu’on a à faire, non ça c’est mortel. Plutôt redoubler d’efforts, malgré toutes les pensées anti-sadomasochistes qui parcourent notre esprit à mesure qu’on fait son chemin.

Deuxième offensive. On rentre dans le vif du sujet, c’est la course. Il faut se donner pour la franchir celle-là. Tu manques d’inspiration gazelle? T’as le souffle court? On s’en fout, cours sans regarder derrière, sans avoir peur de tomber parce qu’au pire tu te relèveras et puis c’est tout.

Pense à autre chose. Regarde ton profil par terre. Tu te scrutes, tu t’étudies. Tu te demandes si tu n’aurais pas mieux fait de prendre un autre tournant pour te révéler sous un autre jour, même si tu sais bien que non, que tu fais exactement ce qu’il faut faire pour se rendre au belvédère, qui n’est même pas visible d’où tu es. Le belvédère. Cet immense plateau du haut duquel on observe la ville et où l’on mesure la taille de ses efforts. Endorphines. Euphorie. La ville brandée devant soi.

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À la maison, j’ai peint un mur avec de la peinture à tableau d’école, il y a des craies et tout le monde est invité à y inscrire son petit commentaire. Ma mère a écrit « La vie, c’est aussi le chemin ». Merci maman.

lundi 26 octobre 2009

Hugo Boss et le people branding.

Samedi soir, c’était plein chez Simone. Plein de beau monde, des jeunes professionnels, des artistes, des têtes familières et autres vedettes du branché. Du vin, de la musique et du doré, du shine, du style! De la bouffe, des rires et du bruit. De la bière. Des serveuses sexy. Une ardoise qui creuse l’appétit.


En fait c’était carrément un supermarché. Tout ce monde, tous ces détails, tout ce branding sur les poches de jeans des filles qui s’offrent au scanning, les t-shirts qui scandent une réclame douteuse, les cellulaires qui grouillent au son de leur jingle. Là-bas, un avocat qui a remonté sa cravate sur son épaule. Ça sent les relents du gym où il a passé son 5 à 7 avant de venir offrir sa prospérité à qui veut la boire. Ça sent le parfum du gars des vues. Un vaste étalage publicitaire où tout le monde a pompé sa tenue et fardé son humeur.


C’est peut-être par déformation professionnelle, mais il me semble que tout le monde fait sa pub. Tout le monde a son petit pitch personnel. Un 30 secondes bien punché qu’on déballe aux vieilles connaissances croisées au rayon des légumes et aux partys de famille. Il faut bien savoir se vendre! On appuie sa stratégie sur ses diplômes, ses idées, son originalité ou ses efforts de fourmi, on wrappe habilement le tout selon son public ponctuel et puis après, on décline le concept en entrevue, chez le banquier ou à la buvette. On vend son propre produit en typo Impact Ultra Bold. On révise son 30 secondes jusqu’à plus soif.


Le people branding, le marketing personnel ou encore le masque public compte un bon nombre de virtuoses. Des gens comme Hugo Boss ou Simone de la buvette ont bien compris les possibilités exponentielles qu’offre une gestion efficace de cette ressource quasi inépuisable, soi! Guy Laliberté vit ses rêves au max. Céline rend hystérique. Jobs est à croquer. Et Simone offre un poulet BBQ tellement festif.


Tout comme le poulet de Simone, le produit humain est organique. Qu’on décide ou pas d’envisager les saisons comme des trimestres financiers, notre marque personnelle reste tamponnée comme un code à barres, elle évolue malgré nous au fil de nos (més)aventures telle une muse rebelle.


Alors autant s’atteler, et prendre dès aujourd’hui les commandes de sa propre campagne.


Voici la toute nouvelle xtine inc.