Merde. J’ai la grippe. Ça fait deux jours que je le sens venir, le virus. Mais là ce matin ça y est, il s’épanouit, il s’installe, le virus. C’est tout chaud dans ma gorge, j’ai l’hypophyse qui a du mal à supporter le poids de ma tête, et j’ai juste envie de m’échouer sur le divan et d’écouter Love Actually avec une boîte de kleenex et un gros lait au chocolat chaud… Ou un grand verre de lait.
Oui c’est ça, j’ai besoin de réconfort.
On est tous d’accord, Madame Dubé a fait plus d’un miracle au cours des deux dernières décennies avec sa joyeuse bande chez BBDO. Le duo récidive. La nouvelle signature, dévoilée depuis peu, ne pouvait mieux tomber en cette saison de changement d’heure, de nez qui coulent, de « il faut que je m’achète un foulard » et d’h(1N1)ystérie collective assumée.
Mais ne pourrait-on pas pousser un peu plus loin? La télé, les panneaux d'affichage, bref les médias de masse offrent une belle visibilité certes, mais ont le vilain défaut de diluer les messages en les faisant nager parmi les six « Ho-Ho-Hola les paiements » et autres yogourts dansants des pauses à grande écoute.
Alors puisque je suis malade, que j’ai déjà vu Love Actually, et que j’ai l’esprit aussi fertile que les cultures purulentes qui grandissent dans mon système (hé misère), je me suis adonnée à imaginer quelques remèdes qui réconfortent.
Exemples.
Ou plutôt extrapolations à partir du look-n-feel de la campagne, véritable baume ludique dans la saison triste :
- On a déjà un volet « MétromédiaPlus ». Mis à part les lumiquais, pourquoi ne pas mettre l’équipe de tricoteuses à l’œuvre, et let’s go les aiguilles, on habille littéralement les poteaux dans les wagons de métros d’une fine laine rose tricotée serrée. Enfin un poteau sur lequel on aura envie de s’agripper sans s’enrhumer! Évidemment on pense à changer sporadiquement la laine (chaque jour? Chaque semaine?) afin d’éviter qu’elle ne devienne aussi dégoutante qu’un vieux kleenex usagé. Et puis on spinne les affiches de la mémé dans lesdits wagons pour supporter l’offensive. Drôle, ludique, dans l’air du temps, et réconfortant comme grand-maman.
- Même chose pour les poignées de portes dans les toilettes publiques. Ouash! Besoin de réconfort, besoin de lutter contre les germes saisonniers. Et vlan! Bien enrobées du tricot symbolique, les poignées sordides et porteuses d’innombrables bactéries. Et Zoom média pour donner sa voix à la grand-maman du Québec, en imprimé ou même en vidéo quand la disponibilité du média l’offre.
- Aussi, je vois bien une escouade de tricoteuses en cavale. Ça se pose gentiment dans des endroits publics de grand achalandage, les journées froides et près des portes de sorties, ça tricote en masse, et même ça réchauffe les mains, les oreilles ou le cou des passants en offrant le fruit de leurs aiguilles (bon OK, on aura prévu le coup en confectionnant des renforts à l’avance) à qui frissonne mieux-mieux. On le dit souvent la pub irrite. Mais si elle vous offre un beau foulard, tout d’un coup, la voilà immunisée!
- Et ces tricots qui réconfortent, on pourrait s’en servir pour habiller notre ville. Un peu de créativité média inusitée, question de faire jaser (de météo… Ouf, on était à court de sujets). Le bonhomme en p’tit bonhomme au coin de St-Denis-Sherbrooke, il me semble qu’il doit le trouver froid l’hiver, les fesses à l’air ? Imaginez-le quelques instants accoutré d’un tricot rose épousant parfaitement les courbes de sa silhouette proéminente! Et la belle angélique de Sir Georges-Étienne Cartier sur le Mont-Royal ? Elle aurait de la gueule avec une grande écharpe qui se balance au gré des vents !
Ce qui est beau du lait, c’est que contrairement à pas mal tous les annonceurs qui nous emploient, on n’a pas besoin de pousser son produit (Natrel et Lactancia sont là pour ça), mais plutôt l’idée de celui-ci. Qu’on peut approcher la ville de Montréal avec des idées audacieuses sans se faire remballer, parce que c’est un produit noble, que son message s’adresse à tous, et que la santé, c’est notre priorité. Et c’est ce qui fait qu’on peut faire la promotion du réconfort, et non du boire.

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